BDSM
Face sitting et queening : ce que c'est, comment s'installer, et les règles de sécurité
Le face sitting, ou queening, place une personne au-dessus du visage de l'autre. Définition, variantes, installation pas à pas, signal d'arrêt, protection contre les IST et limites à ne jamais franchir : le guide pour en parler et l'essayer sereinement.

Le face sitting, qu'on écrit aussi facesitting, désigne une position où une personne s'agenouille ou s'assoit au-dessus du visage de son ou sa partenaire, allongé·e sur le dos. On parle de queening quand c'est une femme qui est au-dessus, et de kinging quand c'est un homme. Selon le couple, c'est une variante confortable du sexe oral, un jeu de pouvoir issu du BDSM, ou les deux à la fois. Elle ne demande aucun matériel. Elle demande en revanche un cadre clair : la personne du dessous doit pouvoir respirer, bouger et arrêter le jeu à tout moment. Voici comment s'y prendre, variante par variante.
L'essentiel
- Le face sitting est d'abord une position : beaucoup de couples l'adoptent pour le confort du sexe oral, sans aucune mise en scène.
- La personne du dessus garde le poids sur ses genoux ou ses mains, jamais sur le visage de l'autre.
- Les mains de la personne du dessous restent libres : c'est elle qui donne le signal d'arrêt, en tapotant la cuisse.
- Tout jeu sur la respiration est exclu : il n'a aucune version sûre.
- Comme tout sexe oral, il peut transmettre des IST : une digue dentaire réduit le risque.
C'est quoi, le face sitting ?
Littéralement, « s'asseoir sur le visage ». Dans les faits, la personne du dessus se place à genoux, le bassin au-dessus de la bouche de l'autre, et dose elle-même la distance. La position donne un accès direct pour un cunnilingus, pour des caresses buccales sur l'anus, ou, tournée vers les pieds, pour une fellation. Elle laisse à la personne du dessus le contrôle du rythme, de l'angle et de la pression.
Le mot queening vient de l'image de la reine sur son trône : il souligne la dimension symbolique, celle d'une partenaire qui « règne » au-dessus de l'autre. La position revient donc souvent dans les jeux de femdom, que notre guide de la dominatrice et de la femdom présente en détail. Kinging désigne la même idée au masculin. Et la position n'a pas de genre : elle se pratique entre femmes, entre hommes, dans un couple hétéro, avec n'importe quelle anatomie.
Est-ce une envie « bizarre » ?
Non, et les études le montrent :
- dans une étude québécoise portant sur 1 516 adultes et 55 fantasmes, les thèmes de domination et de soumission se sont révélés courants chez les femmes comme chez les hommes, et seuls deux fantasmes sur 55 étaient rares (Joyal et al., 2015) ;
- dans un échantillon représentatif de 1 027 Belges, 46,8 % avaient déjà pratiqué au moins une activité liée au BDSM, et 22 % de plus en avaient fantasmé (Holvoet et al., 2017) ;
- aux Pays-Bas, la comparaison de 902 pratiquant·es BDSM avec 434 témoins a montré un profil psychologique plutôt favorable chez les pratiquant·es : moins de névrosisme, moins de sensibilité au rejet et un meilleur bien-être (Wismeijer et van Assen, 2013).
Ces études portent sur le BDSM en général, pas sur le face sitting en particulier : aucune donnée fiable ne mesure aujourd'hui la part des personnes qui le pratiquent. Elles suffisent pourtant à dire qu'il ne s'agit pas d'une paraphilie : c'est une préférence parmi d'autres, comme la plupart des kinks.
Pourquoi le face sitting plaît-il autant ?
Les raisons changent selon la place qu'on occupe.
Au-dessus, on mène. On choisit l'angle, la vitesse, la pression, et on peut guider l'autre sans un mot, d'un mouvement de bassin. Pour une personne qui a une vulve, c'est souvent la façon la plus simple d'obtenir exactement la stimulation qu'elle aime. Les données vont dans ce sens : dans une enquête américaine auprès de 52 588 adultes, les femmes avaient plus souvent un orgasme quand le dernier rapport comprenait du sexe oral en plus de la pénétration (Frederick et al., 2018). En France, 86,9 % des femmes de 18 à 69 ans déclarent avoir déjà connu le cunnilingus (enquête Inserm CSF-2023).
En dessous, on reçoit une sensation d'immersion : la vue et l'ouïe sont en partie couvertes, toute l'attention se concentre sur le corps de l'autre. Pour certaines personnes, c'est un lâcher-prise ; pour d'autres, une forme de dévotion, au cœur des jeux de soumission.
Pour le couple, c'est une façon douce de tester un rapport de pouvoir, sans accessoire ni douleur. Si vous aimez ensuite ajouter des vibrations, la personne du dessus peut tenir un petit vibromasseur pensé pour être partagé.
Quelles sont les variantes du facesitting ?
De la plus tendre à la plus scénarisée, voici ce que chaque variante demande.
| Variante | En pratique | Pour qui | Ce qui la rend sûre |
|---|---|---|---|
| Face sitting doux | À genoux, le bassin au-dessus du visage, le poids sur les jambes | Pour débuter | Distance réglable à tout moment, mains libres en dessous |
| Inversé | La personne du dessus regarde vers les pieds de l'autre, comme dans un 69 | Pour la fellation ou pour varier les angles | Même règle d'appui, oreiller plat pour le cou de la personne du dessous |
| Queening de domination | Rituel de jeu de pouvoir : consignes, posture imposée, « trône » | Couples déjà à l'aise avec le jeu de rôle | Négocié avant, safeword et signal non verbal testés |
| Habillé | Sous-vêtements ou legging gardés, sans contact oral | Pour une première fois ou pour le jeu de rôle seul | Utile pour tester le confort et le signal |
| Avec support | Tabouret de queening ou coussin sous les épaules | Séances plus longues, genoux fragiles | Aucun poids sur le visage, posture stable |
Deux variantes circulent aussi, et nous les déconseillons. Le « full weight » ou « smothering » : la personne du dessus s'assoit de tout son poids et couvre volontairement le nez et la bouche. C'est un jeu de respiration, avec les mêmes dangers que l'asphyxie érotique ; notre article explique pourquoi aucune précaution ne le rend sûr. Le « bound facesitting », avec les mains de la personne du dessous attachées : elle ne peut plus ni taper le signal ni se dégager. On s'en abstient, même si l'autre le demande.
Comment pratiquer le face sitting quand on débute ?
C'est souvent l'inconfort, plus que le manque d'envie, qui fait abandonner la position. Cinq réglages changent tout.
1. Choisir la surface
Un matelas ferme ou un tapis épais vaut mieux qu'un lit trop mou. Sous la tête de la personne allongée, un oreiller plat : trop haut, il plie la nuque.
2. Placer les appuis
La personne du dessus se met à genoux de part et d'autre de la tête de l'autre, les mains sur la tête de lit, le mur ou ses propres cuisses. Le poids reste sur les genoux et les mains ; le bassin descend seulement autant que l'autre le souhaite. Si les cuisses fatiguent, on s'appuie davantage sur les mains plutôt que de s'asseoir.
3. Convenir du signal d'arrêt
Deux tapes sur la cuisse : « remonte ». Trois tapes : « on arrête ». La personne du dessus réagit tout de suite, sans négocier. On teste le signal une fois avant de commencer, pour vérifier qu'il se sent bien. Pour le reste du jeu, un safeword verbal complète ce geste.
4. Commencer court
Quelques minutes, puis une pause : les cuisses, les genoux et la nuque fatiguent vite. La personne du dessus remonte régulièrement, même sans signal, pour laisser l'autre respirer librement et changer d'angle.
5. S'équiper si besoin
Un coussin de position glissé sous les épaules soulage la nuque et relève le visage. Un tabouret de queening, à assise ouverte au centre, permet de s'asseoir réellement sans aucun poids sur le visage : c'est l'accessoire le plus sûr pour qui aime l'idée du « trône ». Notre rayon de meubles érotiques réunit tabourets, rampes et coussins de position.

Notre sélection pour s'installer
- Fetish Fantasy Incredible Sex Stool : un tabouret en acier tubulaire de 38 cm de haut, assise en deux bandes de TPU avec un espace ouvert au centre, charge annoncée de 136 kg.
- Fetish Fantasy Position Master gonflable : une rampe inclinée de 35,5 à 17,5 cm, 80 × 60 cm, en vinyle floqué, avec quatre poignées et une charge de 130 kg.
- Coussin gonflable de position Fetish Fantasy : une rampe plus compacte de 40 × 58 cm, de 20 à 7,5 cm de haut, avec deux poignées, qui se range dans un sac.

Comment en parler à son ou sa partenaire ?
Choisis un moment calme, hors de la chambre, et parle de ce qui t'attire plutôt que de la position elle-même : « j'aime l'idée que tu me guides », « j'ai envie de te sentir au-dessus de moi ». Proposez-vous ensemble trois choses : ce que chacun·e a envie d'essayer, ce qui est exclu, et le signal d'arrêt. Accepte un « pas maintenant » comme une réponse complète. Si le jeu de pouvoir vous tente au point de vouloir l'intensifier, lisez d'abord notre article sur le rough sex et le consentement : il explique comment doser sans glisser vers ce qui fait vraiment mal.
La loi pose le même principe. Depuis la loi du 6 novembre 2025, le Code pénal définit le consentement comme « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », et précise qu'il ne peut être déduit « du seul silence ou de la seule absence de réaction ». Ici, cela veut dire : on vérifie, on écoute le signal, et le silence de l'autre ne vaut jamais accord. Après la séance, prenez cinq minutes pour en reparler : ce qui a plu, ce qui a gêné, ce que vous changeriez.
Quelle tenue pour un jeu de queening ?
L'esthétique aide à entrer dans le rôle. Le cuir et le vinyle sont des classiques, et notre guide de la lingerie cuir et latex aide à choisir sa matière et sa taille. Garde le métal (boucles, rivets, chaînes) sur le buste, loin du visage de l'autre, et évite les tissus rêches à l'entrejambe. Pour compléter la mise en scène, le rayon matériel BDSM propose bandeaux et accessoires de domination. Un collier laisse BDSM pour la personne du dessous, un harnais comme le Subblime en cuir et chaînes pour celle du dessus : la mise en scène est posée.

Le face sitting est-il dangereux ?
Pratiqué avec le poids sur les genoux, des mains libres et un signal d'arrêt, il reste une position de sexe oral. Les risques viennent surtout de quatre choses, et chacune a sa parade.
| Risque | Ce qui doit alerter | Ce qu'on fait |
|---|---|---|
| Gêne respiratoire | Tapes sur la cuisse, bruit inhabituel, poitrine qui se soulève fort, corps qui se crispe | On remonte aussitôt, sans attendre un second signal |
| Douleur de nuque ou de dos | Tête trop pliée, crampe, envie de bouger | Oreiller plus plat, coussin sous les épaules, pauses |
| Fatigue des genoux et des cuisses | Tremblements, appui qui glisse vers le visage | On s'appuie sur les mains, on change de position ou on prend un tabouret |
| Infection sexuellement transmissible | Aucun signe fiable : beaucoup d'IST ne donnent pas de symptôme | Digue dentaire, et dépistage régulier |
La respiration d'abord. La personne du dessous doit pouvoir respirer par le nez à tout moment. Nez bouché par un rhume, allergie, crise d'angoisse : ce n'est pas le jour. La personne du dessus surveille, et ce n'est pas au signal de tout prévoir.
Les infections. Comme tout sexe oral, le face sitting peut transmettre chlamydia, gonorrhée, syphilis, herpès ou HPV, selon les CDC ; le contact entre la bouche et l'anus expose aussi aux hépatites A et B. Le risque de VIH par le sexe oral est très faible, voire nul. Une digue dentaire, ce petit carré de latex posé sur la vulve ou l'anus, réduit le risque : les Sheer Glyde Dams, en latex parfum cola, sont des feuilles d'environ 25 × 15 cm vendues par quatre. À défaut, un préservatif découpé en carré fait l'affaire. On en change à chaque partenaire, et entre l'anus et la vulve.
La redescente. Même un jeu court peut remuer : un verre d'eau, un câlin, quelques mots, c'est tout le sens de l'aftercare.
Sécurité et consentement
- Entre adultes uniquement, avec un accord donné avant, spécifique à cette pratique, et révocable à tout moment.
- Signal d'arrêt non verbal convenu et testé avant (tapes sur la cuisse), et respecté immédiatement.
- Respiration libre en permanence : aucun jeu sur l'air, aucun « full weight ».
- Mains libres pour la personne du dessous, jamais d'entrave pendant la position.
- Hygiène : toilette avant, digue dentaire ou préservatif découpé pour réduire le risque d'infection.
- Pas d'alcool ni de drogue, qui brouillent les signaux et rendent le consentement invalide.
FAQ
Quelle différence entre face sitting et queening ?
Les deux mots décrivent la même position : une personne au-dessus du visage de l'autre, allongée sur le dos. « Face sitting » est le terme général. « Queening » insiste sur la dimension symbolique, celle de la reine sur son trône, et s'emploie surtout quand c'est une femme qui est au-dessus, souvent dans un jeu de domination. « Kinging » désigne la même idée avec un homme.
Le face sitting est-il forcément une pratique BDSM ?
Non. Pour beaucoup de couples, c'est simplement une position de sexe oral plus confortable, où la personne du dessus guide le rythme. Il devient un jeu BDSM quand vous y ajoutez un rapport de pouvoir : consignes, rôles, mise en scène du « trône ». Les deux se pratiquent, et vous pouvez passer de l'un à l'autre si vous en avez envie tous les deux.
Quelle position choisir pour un premier face sitting ?
Le face sitting doux, à genoux, face à la tête de lit : la personne du dessus garde ses mains en appui et règle la distance au centimètre. Un oreiller plat sous la tête de l'autre, un signal d'arrêt testé avant, et quelques minutes seulement. La version inversée et le jeu de domination viendront plus tard, une fois l'installation maîtrisée.
À quoi sert une chaise de queening ?
C'est un tabouret à assise ouverte au centre. La personne du dessus s'y assoit réellement, sans porter son poids sur les genoux, pendant que l'autre s'allonge dessous, la tête sous l'ouverture. Aucun poids ne repose sur le visage, ce qui rend la position plus stable, moins fatigante et plus sûre pour un jeu long.
Comment se protéger des IST pendant un face sitting ?
On utilise une digue dentaire, un petit carré de latex posé sur la vulve ou l'anus, ou un préservatif découpé en carré. On en change à chaque partenaire et entre contact anal et contact vaginal. Après un rapport non protégé, sexe oral compris, un dépistage reste recommandé, même sans symptôme.
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Sources
Ces sources servent à l'information ; les produits cités plus haut relèvent de notre sélection commerciale.
- Joyal C. C. et al., What Exactly Is an Unusual Sexual Fantasy?, The Journal of Sexual Medicine, 2015.
- Holvoet L. et al., Fifty Shades of Belgian Gray: The Prevalence of BDSM-Related Fantasies and Activities in the General Population, The Journal of Sexual Medicine, 2017.
- Wismeijer A. A. J., van Assen M. A. L. M., Psychological Characteristics of BDSM Practitioners, The Journal of Sexual Medicine, 2013.
- Frederick D. A. et al., Differences in Orgasm Frequency Among Gay, Lesbian, Bisexual, and Heterosexual Men and Women, Archives of Sexual Behavior, 2018.
- Inserm-ANRS, enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), 2024.





