Histoires érotiques
Histoire érotique à l'hôtel : l'après-midi de quatorze heures
Neuf mois après la naissance de Nour, Laure et Mehdi réservent une chambre d'hôtel pour un après-midi. Quatre heures rien qu'à eux, avec le téléphone de la nounou posé sur la table de nuit.

Quatorze heures, une chambre au cinquième étage, et dix-huit heures comme ligne d'arrivée. Laure raconte l'après-midi où elle a cessé, pour quelques heures, d'être une liste de choses à faire.
Lecture : 6 min · Intensité : ●●○ sensuel · Thèmes : couple de parents, hôtel en journée, désir après bébé, vibromasseur de couple · Réservé aux personnes majeures
La liste
Dans l'ascenseur, je fais encore la liste. Le biberon de seize heures est dans la porte du frigo. Le doudou lapin, pas le doudou ours, sinon Nour hurle. La crème pour les fesses est sur la commode, et j'ai oublié de dire à Sylvie que le body rayé gratte un peu au col.
Mehdi me regarde dans le miroir de la cabine. Trente-neuf ans, une barbe de trois jours qu'il n'a plus le temps de tailler, des cernes que je lui ai donnés en même temps qu'une fille. Il sourit.
« Tu fais la liste. »
« Je ne fais pas la liste. »
« Tu bouges les lèvres. »
La porte s'ouvre sur le cinquième étage. Le couloir sent la lessive propre et le parquet ciré. J'ai trente-six ans, je dirige une équipe de logistique, je gère des flux de camions entre trois pays, et je suis intimidée comme une débutante devant une porte de chambre d'hôtel réservée de quatorze à dix-huit heures. Un day use, dit le site. Un après-midi, disons-nous. Le premier depuis neuf mois.
Le téléphone sur la table de nuit
La chambre est blanche et bleue, avec un grand lit trop bien fait et une fenêtre sur les toits de zinc. Je pose mon téléphone sur la table de nuit, écran vers le haut, sonnerie à fond. Je ne peux pas faire autrement. Mehdi ne dit rien. Il pose le sien juste à côté, dans le même sens. C'est le genre de geste pour lequel je l'épouserais une seconde fois.
On s'assoit au bord du lit comme deux inconnus dans une salle d'attente.
« On a le droit de juste dormir », dit-il. « Je te jure. Si tu veux dormir quatre heures, je dors à côté de toi et ce sera le plus bel après-midi de l'année. »
Je ris, et quelque chose se dénoue dans ma poitrine. Depuis la naissance, on a fait l'amour quatre fois, peut-être cinq. Toujours vite, toujours tard, toujours avec une oreille tendue vers le babyphone. La dernière fois, j'ai dit stop au milieu parce que ça tirait, et il s'est arrêté net, et il m'a prise dans ses bras, et j'ai pleuré sans savoir pourquoi. On en a parlé ensuite, souvent. De mon corps qui a changé, de ce qui fait mal et de ce qui ne fait plus mal, de son envie à lui qu'il cache pour ne pas me peser, et de la mienne que j'avais rangée quelque part sous les couches.
« Je ne veux pas dormir », dis-je. « Mais je veux qu'on aille lentement. Et je veux pouvoir dire non à un geste sans que ça arrête tout. »
« Tu dis "pas comme ça", et on cherche autrement. »
« Et si je dis "pause", on se met juste dans les bras l'un de l'autre. »
« Pause, bras. Retenu. »
Je sors de mon sac le petit flacon de lubrifiant, format voyage, et la boîte que j'ai commandée il y a trois semaines et cachée dans le placard à balais. Mehdi la regarde, puis me regarde, et ses yeux s'allument comme quand il était le garçon que j'ai rencontré au mariage d'une cousine.
« C'est quoi ? »
« Une idée. Un jouet qu'on porte à deux. Et une télécommande pour toi. »
La télécommande
Il m'embrasse d'abord, et c'est ça que j'avais oublié : le baiser qui n'est pas une transition. Le baiser pour lui-même, qui prend son temps, qui goûte. Ses mains défont mon chemisier bouton par bouton, et je le laisse faire sans penser au biberon, sans penser au doudou, sans penser au body qui gratte. Je pense à ses doigts. Je pense à sa bouche dans mon cou. Je pense que la lumière de quatorze heures est terriblement crue et que je m'en fiche.
Il caresse mon ventre, la peau un peu plus souple qu'avant, la fine ligne brune qui ne s'est pas encore effacée. Il la suit du bout des lèvres.
« J'adore cette ligne », murmure-t-il.
« Elle partira. »
« Pas tout de suite, j'espère. »
Le lubrifiant est frais, puis tiède sous ses doigts. On va lentement, comme promis. Il me demande « là ? », et je réponds « oui », ou « plus doucement », ou « encore », et à un moment je dis « pas comme ça » et il change d'angle sans un mot, et ça devient merveilleux. Quand je glisse le petit jouet en forme de U, la partie la plus longue à l'intérieur, l'autre posée contre moi, il me regarde faire avec une curiosité de gamin devant un tour de magie. Puis je lui tends la télécommande.
« Doucement d'abord », je dis.
Il appuie. Une vibration sourde naît au creux de moi, puis une autre, plus haut, et j'en ai le souffle coupé. Il me regarde, la télécommande dans la main comme un objet sacré, et je vois dans ses yeux qu'il découvre un pouvoir qu'il n'osera pas utiliser sans me le demander à chaque fois.
« Un peu plus ? »
« Un peu plus. »
La pause
Quand il vient en moi, le jouet reste en place, et la vibration nous traverse tous les deux. Il lâche un juron d'émerveillement qui me fait rire au milieu d'un gémissement. On trouve un rythme, on le perd, on le retrouve. Le soleil glisse sur les draps. Je ne pense plus à rien. Pour la première fois depuis neuf mois, je suis un corps qui a envie, et pas un corps qui a des tâches.
Le téléphone vibre sur la table de nuit.
Je me fige. Mehdi aussi. Il tend le bras, regarde l'écran, et le retourne vers moi. Un message de Sylvie, avec une photo floue : Nour endormie sur le tapis d'éveil, les bras en croix, le lapin sur la joue. Tout va bien, elle a tout bu. Profitez.
« Pause ? » demande Mehdi.
Je regarde la photo. Je regarde mon mari, essoufflé, les cheveux en bataille, qui attend ma réponse sans bouger d'un millimètre.
« Pas pause », je dis. « Plus fort. »
Il augmente la vibration d'un cran, puis d'un autre. Le plaisir monte d'un coup, large, presque violent, et je me cramponne à ses épaules en riant et en pleurant un peu, parce que c'est trop, parce que c'est enfin, parce que c'est nous. Il me suit quelques secondes après, le front contre le mien.
On reste longtemps sans parler. Puis on dort. Vraiment. Une heure entière, collés, sans réveil, sans babyphone, avec la rumeur de la ville au loin.
Dix-sept heures cinquante
À dix-sept heures cinquante, je me rhabille devant la fenêtre. Je refais la liste dans ma tête, par réflexe : le bain, la purée de carottes, le body rayé à mettre au sale. Mais quelque chose a changé. La liste est là, et moi à côté d'elle, pas dedans.
Mehdi noue ses lacets au bord du lit.
« Je dois te dire un truc », dit-il sans lever les yeux.
« Quoi ? »
« Sylvie. Je l'ai déjà réservée pour le premier jeudi de chaque mois. Jusqu'en juin. »
Je le regarde. Il rougit jusqu'aux oreilles.
« Et si je n'avais pas voulu ? »
« Je t'aurais emmenée au cinéma. Quatre heures de cinéma, ça se fait aussi. »
Je l'embrasse, et dans l'ascenseur, cette fois, je ne fais aucune liste.
Pour prolonger l'histoire
Dans le sac de Laure, il y avait deux choses en plus de ses clés : un flacon et une boîte cachée trois semaines dans le placard à balais.
- Rin Mia, vibromasseur de couple à télécommande : un vibromasseur en U porté pendant le rapport, avec deux moteurs pour le point G et le clitoris, dix programmes, et une télécommande qui laisse la main à l'un ou à l'autre.
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Consentement et sécurité
- Le droit de dire non à un geste : Laure et Mehdi conviennent de « pas comme ça » pour changer d'approche et de « pause » pour se prendre dans les bras. Un non à un geste n'est pas un non à l'autre.
- La télécommande se partage : Mehdi demande avant chaque cran. Celle qui porte le jouet garde le dernier mot sur l'intensité.
- Après une naissance : on reprend à son rythme, avec du lubrifiant si besoin. Une douleur qui persiste se signale à un ou une professionnelle de santé, sage-femme ou médecin.
- La charge mentale existe aussi au lit : poser le téléphone en évidence et prévoir un relais fiable aide à lâcher prise. Ce qui compte, c'est d'être d'accord tous les deux sur le cadre.
Ce récit fait partie de nos histoires érotiques pour adultes, à lire librement. Pour une autre histoire de couple qui retrouve le temps de se désirer, lis notre histoire érotique de couple.





