Bien-être sexuel
Sexe tentacule : d'où vient le fantasme des tentacules (Hokusai, hentai) ?
De l'estampe de Hokusai en 1814 aux mangas du XXᵉ siècle, l'imaginaire des tentacules a une longue histoire. Ce qu'il raconte, pourquoi il attire, et comment l'explorer en toute sérénité.

Le « sexe tentacule » désigne un imaginaire érotique où une créature à tentacules, pieuvre, kraken ou monstre venu d'ailleurs, devient partenaire de jeu. Il intrigue, fait sourire ou trouble, mais il n'a rien de neuf : on le trouve déjà dans une estampe japonaise de 1814, signée par l'un des artistes les plus célèbres au monde. Depuis, il a traversé les mangas, la science-fiction et les réseaux sociaux, jusqu'à inspirer de vrais objets, comme les godes en forme de tentacule de notre rayon gode fantaisie. Voici d'où vient ce fantasme, ce qu'il raconte de notre imaginaire, et comment l'explorer sereinement, sans honte et sans confusion entre fiction et réalité.
L'essentiel
- L'image fondatrice est une estampe de Hokusai, publiée en 1814 dans un recueil érotique.
- Le motif a été repris au XXᵉ siècle par le manga et l'animation japonais pour adultes, puis diffusé bien au-delà du Japon.
- Fantasmer sur l'étrange ou le non-humain est courant et ne dit rien d'inquiétant sur toi.
- La fiction montre souvent des scènes sans consentement ; dans la vraie vie, le consentement n'est pas négociable.
D'où vient le fantasme des tentacules ?
L'œuvre qu'on cite toujours est une estampe du peintre japonais Katsushika Hokusai, l'auteur de La Grande Vague. Elle figure dans Kinoe no Komatsu (« Jeunes pins »), un recueil d'images érotiques en trois volumes publié en 1814. On la connaît en Occident sous le titre Le Rêve de la femme du pêcheur. Son titre japonais, Tako to ama, signifie plutôt « La pieuvre et la plongeuse ».
Ce genre d'images porte un nom : le shunga, littéralement « images du printemps », l'art érotique japonais de l'époque d'Edo. Il était largement diffusé et souvent teinté d'humour. En 2013, le British Museum lui a consacré une grande exposition, Shunga: sex and pleasure in Japanese art, où l'estampe de Hokusai figurait en bonne place.
Comme beaucoup d'œuvres anciennes, l'image se prête à plusieurs lectures, et un regard d'aujourd'hui peut y voir une scène de contrainte. Cette ambiguïté fait partie de ce qui la rend troublante, et elle rappelle une distinction sur laquelle on revient plus bas : la fiction n'est pas la réalité.
Pourquoi le motif est-il associé au manga et au hentai ?
Le saut vers la culture populaire se fait au XXᵉ siècle : le manga et l'animation japonais pour adultes reprennent le motif, et les vidéoclubs puis Internet le diffusent bien au-delà du Japon.
Le revers de cette histoire : une grande partie de ces fictions mettent en scène des situations sans consentement. C'est un point essentiel, sur lequel on revient plus bas.
Aujourd'hui, l'imaginaire tentaculaire s'est largement émancipé de ces origines. On le retrouve dans la science-fiction, dans l'horreur inspirée de Lovecraft, dans le fan art, et dans une esthétique « monster » assumée, colorée, souvent tendre et ludique.

Pourquoi ce fantasme attire-t-il ?
Il n'existe pas d'étude consacrée à ce fantasme en particulier. Les pistes qui reviennent souvent, quand on écoute celles et ceux qui l'aiment, sont plutôt des hypothèses, mais elles éclairent bien son attrait :
- L'étrangeté : un partenaire qui n'a rien d'humain sort de tous les scénarios habituels. Le fantasme devient un espace sans comparaison possible avec sa vie réelle.
- Le lâcher-prise : l'image d'être enveloppé·e, entouré·e, « pris·e en charge » rejoint les fantasmes d'abandon, qui sont parmi les plus répandus.
- La multiplicité des sensations : plusieurs contacts à la fois, partout, comme une version imaginaire du massage à quatre mains.
- L'absence de culpabilité : une créature imaginaire ne trompe personne et n'existe pas. Le fantasme reste dans la tête, en toute sécurité.
- L'esthétique : couleurs, textures, mondes aquatiques ou extraterrestres. Pour beaucoup, c'est d'abord une affaire de goût visuel.
Est-ce normal de fantasmer sur des tentacules ?
Oui. Les fantasmes sont beaucoup plus variés qu'on ne l'imagine. Dans une enquête auprès de 1 516 adultes québécois, les chercheurs ont évalué 55 fantasmes : seuls deux se sont révélés rares, et les thèmes de soumission et de domination étaient courants chez les femmes comme chez les hommes (Joyal et al., 2015). Leur conclusion : il faut être prudent avant de qualifier un fantasme d'inhabituel, et encore plus de déviant.
Autre repère utile : fantasmer n'est pas vouloir vivre. Dans un échantillon représentatif belge, 22 % des personnes avaient eu des fantasmes liés au BDSM sans jamais passer à la pratique (Holvoet et al., 2017). Un fantasme peut rester une image, un scénario qu'on visite en pensée, et c'est très bien ainsi.
Notre article fantasmer : définition et fantasmes courants développe cette idée, sans jugement.
Fantasme et réalité : où placer la limite ?
C'est la question qui compte. La fiction peut tout montrer, y compris ce qu'on ne voudrait jamais vivre. Prendre du plaisir à imaginer une scène de contrainte ne signifie pas qu'on la souhaite, ni qu'on l'accepterait.
Dans la vraie vie, la règle est simple et sans exception : le consentement. Depuis la loi du 6 novembre 2025, le Code pénal le définit comme « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », et précise qu'il ne peut être déduit du silence ou de l'absence de réaction. Si ton fantasme passe par des jeux de pouvoir à deux, ils se négocient avant, avec un mot d'arrêt : notre guide pour débuter dans le BDSM explique comment poser ce cadre.
Comment explorer ce fantasme ?
Plusieurs façons existent, de la plus intérieure à la plus concrète.
1. Dans ta tête
Le fantasme se suffit souvent à lui-même. La lecture de récits peut l'enrichir : notre page histoires érotiques en propose, pour adultes et sans images.
2. À deux, par la parole
Partager un fantasme n'oblige pas à le réaliser. On peut simplement le raconter, en rire, le transformer en jeu de rôle. Notre guide comment parler de ses fantasmes propose des formulations simples, et celui sur les déguisements et jeux de rôle des idées de mise en scène.
3. Avec un objet
C'est là que le gode tentacule entre en scène : un godemichet en silicone qui reprend la forme du tentacule, avec une pointe fine, un corps qui s'élargit et des ventouses en relief. Il transforme l'imaginaire en sensation, sans quitter le cadre de la sécurité. Notre guide des godes fantasy explique comment le choisir : diamètre maximal, base, matière.
Notre sélection
- Epic Scylla Small, gode tentacule fluorescent — pointe de 1 cm, 4,5 cm au plus large, en silicone bleu et vert qui brille dans le noir, sur ventouse.
- Charybdis, gode fantaisie tentacule Epic — un tentacule fin en silicone, 245 mm insérables pour 45 mm au maximum.
- Gode fantaisie Abyssal Colossus — Power Monsters — une créature des abysses en silicone vert et jaune, 6 cm de diamètre, pour personnes expérimentées.

Gode tentacule : les précautions à connaître
Un objet inspiré d'un fantasme reste un objet. Quelques règles avant de te lancer :
- Commence petit. Les modèles de démonstration, très spectaculaires, dépassent souvent 6 cm de diamètre. Si l'envie de grand format vient, notre article sur le gros gode et le gode XXL explique comment progresser sans se blesser.
- Choisis du silicone. Les ventouses sculptées multiplient les recoins : une matière non poreuse se nettoie bien mieux. Notre guide des matériaux de sextoys détaille pourquoi.
- Lubrifie à l'eau, jamais au silicone sur un jouet en silicone.
- Vérifie la base pour tout usage anal : elle doit être plus large que le point le plus épais.

Notre sélection
- Gode fantasy thermoréactif Dreamy Silexd — une forme fantaisie plus douce, en silicone platine, plus souple à l'eau chaude et plus ferme à l'eau froide.
- Gode Fantaisie Hercules 21,5 cm — Power Monsters — une créature en silicone au dégradé orange, rose et bleu, sur ventouse.
- Durex Naturals Extra Sensible — un lubrifiant à base d'eau à l'aloe vera, sans parfum ni colorant, compatible avec les préservatifs en latex et en polyisoprène.
Voir tous les lubrifiants à base d'eau
Sécurité et consentement
- Fiction et réalité : un fantasme de contrainte reste un fantasme. Dans la réalité, rien ne remplace un consentement libre, éclairé et révocable à tout moment.
- Majorité : les contenus et objets érotiques s'adressent aux personnes majeures.
- À deux : un fantasme se partage, il ne s'impose pas. Chacun·e peut dire non, même en cours de route.
- Objets : silicone, lubrifiant à base d'eau, base plus large que le corps pour l'anal, et arrêt immédiat en cas de douleur.
FAQ
D'où vient l'expression « sexe tentacule » ?
Elle désigne un imaginaire érotique ancien, dont l'image la plus célèbre est une estampe de Hokusai publiée en 1814 dans le recueil Kinoe no Komatsu. Le motif a ensuite été repris par le manga et l'animation japonais pour adultes au XXᵉ siècle, avant de devenir une esthétique à part entière, jusqu'aux godes en forme de tentacule.
Fantasmer sur des tentacules, est-ce bizarre ?
Non. Les fantasmes sont très variés : dans une enquête québécoise portant sur 55 fantasmes, seuls deux se sont révélés rares (Joyal et al., 2015). Être attiré·e par l'étrange, le non-humain ou l'idée de lâcher-prise est fréquent, et ne dit rien d'inquiétant sur toi ni sur tes désirs réels.
Pourquoi les tentacules sont-ils si présents dans le manga ?
Le motif a une longue histoire dans l'art japonais, dont l'image la plus célèbre est l'estampe de Hokusai publiée en 1814. Au XXᵉ siècle, le manga et l'animation pour adultes l'ont repris, puis les vidéoclubs et Internet l'ont diffusé hors du Japon. Aujourd'hui, il vit aussi dans la science-fiction, l'horreur et le fan art, souvent sur un ton bien plus ludique.
Peut-on vivre ce fantasme avec un sextoy ?
Oui, avec un gode en forme de tentacule. Choisis-le en silicone, avec un diamètre maximal adapté à ton expérience et une base plus large que le corps pour un usage anal. Utilise un lubrifiant à base d'eau, avance à ton rythme, et arrête en cas de douleur.
Comment en parler à mon ou ma partenaire ?
Commence par l'imaginaire plutôt que par la pratique : raconte ce qui te plaît dans l'esthétique ou dans l'idée, sans rien demander. Laisse la place à la curiosité, aux questions, et au refus. Un fantasme partagé n'a pas besoin d'être réalisé pour rapprocher.
Sources
Les chiffres et dates de cet article viennent d'études et de sources publiées. Les produits cités sont des exemples de notre catalogue, décrits à partir de leur fiche.
- Joyal C. C., Cossette A., Lapierre V. (2015). What exactly is an unusual sexual fantasy? The Journal of Sexual Medicine, 12(2), 328-340. DOI : 10.1111/jsm.12734.
- Holvoet L. et al. (2017). Fifty shades of Belgian gray: the prevalence of BDSM-related fantasies and activities in the general population. The Journal of Sexual Medicine, 14(9), 1152-1159. DOI : 10.1016/j.jsxm.2017.07.003.
- British Museum (2013). Exposition Shunga: sex and pleasure in Japanese art, 1600-1900. Contexte historique sur l'estampe de Hokusai (Kinoe no Komatsu, 1814).
- Code pénal, article 222-22, dans sa rédaction issue de la loi du 6 novembre 2025 (définition du consentement).
Pour aller plus loin
- Gode tentacule, dragon, monstre : le guide des godes fantasy, pour choisir un objet à ta mesure.
- Gros gode et gode XXL : progresser sans se blesser.
- Comment parler de ses fantasmes à son partenaire ?
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