Histoires érotiques
Histoire érotique de fellation : le plaisir de donner
Solène a toujours vécu la fellation comme un service rendu. Un samedi de pluie, Gaspard lui propose de tout mener, sans rien demander en retour. Une histoire érotique sur le plaisir de celle qui donne.

Solène a longtemps cru que donner, c'était rendre service. Un samedi de pluie, un gloss à la fraise et un homme qui sait garder les mains sous la nuque lui apprennent le contraire.
Lecture : 6 min · Intensité : ●●● explicite · Thèmes : sexe oral, couple récent, préservatif aromatisé · Réservé aux personnes majeures
Quatre mois et une promesse
Gaspard sent la farine, même le samedi. Je le lui ai dit le premier soir, à la terrasse du port, et il a ri en reniflant son poignet : « Vingt-deux ans de fournil, ça ne part plus au lavage. » J'ai trente-neuf ans, je dessine des coques de voiliers pour un chantier de La Rochelle, et je n'avais jamais trouvé qu'un homme sentait bon le pain. Maintenant, si.
Quatre mois que nous nous voyons. Il a quarante-six ans, une fille adulte qui vit à Nantes, des avant-bras de boulanger et des horaires impossibles : couché à vingt et une heures, debout à quatre. Nos soirées sont courtes. Nos samedis après-midi, eux, s'étirent.
Ce samedi-là, il pleut sur le Vieux-Port. Nous sommes chez moi, sur le canapé, ma tête sur sa cuisse, et je lui parle enfin d'une chose qui me trotte dans la tête depuis des semaines.
« Tu sais ce que je n'ai jamais aimé ? »
« Les gens qui disent "pain au chocolat" ? »
« Sérieusement. La fellation. Enfin, pas elle. Ce qu'on en faisait. J'ai toujours eu l'impression de rendre un service. Quelqu'un attendait, je m'appliquais, et à la fin on me remerciait comme on remercie la caissière. »
Il ne rit pas. Il caresse mes cheveux longtemps avant de répondre.
« Et si c'était toi qui menais ? Entièrement. Je ne touche à rien, je ne demande rien, je ne pousse rien. Tu arrêtes quand tu veux, même au milieu. »
Je relève la tête. Il est très sérieux, et il a les joues un peu rouges, ce qui chez un homme de son gabarit est d'une tendresse absolue.
« Il y a un détail », dis-je. « On n'a pas encore fait les tests. »
« Mardi, au centre de dépistage. C'est noté. »
« Alors d'ici là, préservatif. Même pour ça. »
« Même pour ça », répète-t-il, comme on signe.
Le goût de la fraise
J'avais anticipé, je l'avoue. Dans le tiroir de la table de nuit, à côté de la boîte habituelle, il y a un petit pack de préservatifs à la fraise, et un tube de gloss dont la fiche promettait un effet chaud-froid. Je n'y croyais qu'à moitié.
Dans la chambre, la pluie tape au carreau. Gaspard s'allonge sur le lit, torse nu, les mains croisées derrière la nuque, comme un homme qui attend le bus. Ça me fait rire, et ce rire défait quelque chose en moi.
« Les mains restent là ? »
« Les mains restent là. Sauf si tu les veux. »
J'applique le gloss devant le miroir, une fine couche, comme un baume. Mes lèvres picotent, puis chauffent, puis une fraîcheur arrive par-dessous, comme quand on boit de l'eau après une menthe. Ça sent la fraise et quelque chose de pétillant, une fête. Je me retourne. Il me regarde avec des yeux que je ne lui connaissais pas.
Je ne me presse pas. C'est la première chose que je décide : je ne me presse pas. Je l'embrasse d'abord sur la bouche, pour qu'il goûte, puis dans le cou, sur la clavicule, le long de la ligne de poils qui descend vers son nombril. Chaque baiser laisse une trace tiède et fraîche à la fois. Sa respiration change. Ses mains, elles, ne bougent pas.
Je défais sa ceinture moi-même. Je prends mon temps avec le bouton, avec la fermeture, avec le tissu. Il a déjà envie de moi, cela se voit, et je découvre que j'aime ça : le voir me désirer avant même que je l'aie touché.
Je déchire l'emballage du préservatif. Il est transparent, il sent la fraise lui aussi, une fraise de bonbon, plus franche que celle du gloss. Je le déroule lentement, du bout des doigts, et Gaspard pousse un soupir si long que j'éclate de rire une deuxième fois.
« Ça va, là-haut ? »
« Je compte les sacs de farine. »
Le rythme, c'est moi
Ce qui change tout, je le comprends dans les premières secondes : personne ne m'attend. Il n'y a pas de main sur ma nuque, pas de hanches qui accélèrent à ma place, pas de « continue » soufflé comme un ordre. Il y a un homme immobile qui me laisse faire, il y a ma bouche, et il y a tout le temps du monde.
Alors je joue. Je l'effleure à peine, du bout des lèvres, juste pour le sentir tressaillir. Je le prends un peu, puis davantage, puis je m'arrête complètement et je le regarde. Il a fermé les yeux. Ses doigts se crispent sur l'oreiller derrière sa tête, mais ils restent là où il l'a promis.
Le goût de fraise s'efface peu à peu sous celui du latex, et ça m'est égal. Ce qui m'importe, c'est la chaleur entre mes lèvres, son ventre qui se creuse, ce petit son qu'il fait au fond de la gorge quand je ralentis au lieu d'accélérer. Je découvre que je peux le tenir au bord. Que je peux l'amener jusqu'à la lisière et l'y laisser, frémissant, aussi longtemps que je le veux. Que ce pouvoir-là me trouble moi aussi, et que mon propre ventre s'est mis à battre au même rythme que le sien.
Je pose une main à plat sur sa cuisse, pour sentir ses muscles. L'autre l'accompagne, enroulée autour de lui, et suit le mouvement de ma bouche. Je change de cadence quand j'en ai envie, pas quand il le faudrait. À un moment, j'ai mal à la mâchoire : je m'arrête, je m'étire, je l'embrasse sur la hanche en riant, et il rit avec moi sans la moindre impatience. C'est peut-être ça, la plus grande surprise : le droit de faire une pause sans que la pause soit un échec.
« Tu me dis quand », dis-je.
« Bientôt. Si tu continues. »
« Et si je ne continue pas ? »
Il ouvre un œil. « Alors je survivrai. Mais je serai très malheureux. »
Je continue. Je reprends plus lentement encore, puis plus franchement, parce que c'est moi qui l'ai décidé, et je sens le moment venir à la façon dont tout son corps se tend, comme une voile qui prend le vent. « Solène », souffle-t-il, une fois, en guise d'avertissement. Je reste. Il jouit avec un long gémissement étouffé dans le creux de son bras, et ses mains, enfin, quittent l'oreiller pour venir se poser, très doucement, sur mes cheveux.
Quatre heures du matin
Après, je retire le préservatif avec un mouchoir, je le noue, je le jette, et je reviens me coller contre lui. Il sent la fraise, la pluie et le pain. Il me serre très fort sans rien dire, puis il demande :
« Alors, ce service ? »
« Ce n'était pas un service. » Je cherche le mot. « C'était à moi. »
Il hoche la tête, comme si c'était la réponse qu'il espérait depuis le début. Il ne propose pas de me rendre la pareille tout de suite, et je l'en aime davantage : nous avons le temps, et je n'ai envie que de rester là, dans le creux de son bras, à écouter la pluie se calmer.
Il part à vingt heures trente, comme toujours, parce que le four n'attend pas. Je dors mal, d'un sommeil plein d'images.
Le dimanche matin, en ouvrant la porte pour descendre chercher le journal, je trouve sur le paillasson un sachet en papier kraft encore tiède. Dedans, une tartelette aux fraises, la plus belle que j'aie jamais vue, et un ticket de caisse au dos duquel il a écrit, de son écriture de gaucher :
Samedi prochain, c'est toi qui ne touches à rien.
Pour prolonger l'histoire
Solène avait tout rangé dans sa table de nuit, sauf le plaisir qu'elle allait y prendre. Voici ce qu'elle y avait mis.
- Gloss Oral Fraise de Shunga : un gloss qui se pose sur les lèvres et se transfère au contact, avec un effet chaud-froid annoncé et une saveur de vin mousseux à la fraise.
- Pack de préservatifs Fraise Skins : des préservatifs en latex naturel aromatisés à la fraise, extra lubrifiés et emballés un par un, dont l'arôme sert surtout au sexe oral.
D'autres saveurs vous attendent dans notre rayon lubrifiants comestibles. Et pour les gestes, le rythme et la communication, lisez notre guide du sexe oral, de la fellation au cunnilingus.

Consentement et sécurité
- Celle qui donne décide : Gaspard propose, Solène mène. Elle peut ralentir, faire une pause ou arrêter au milieu, et lui garde les mains là où il l'a promis. Personne ne guide la tête de l'autre sans y avoir été invité.
- Le préservatif aussi pour l'oral : le sexe oral peut transmettre des infections sexuellement transmissibles. Tant que vous n'avez pas fait de dépistage ensemble, un préservatif (ou une digue dentaire pour un cunnilingus) protège aussi ces caresses.
- Les produits à leur place : un gloss comestible se pose sur les lèvres, pas sur une muqueuse irritée. Vérifie la compatibilité avec le latex et rince à l'eau claire après la séance.
- Majorité : ce récit met en scène des adultes, et nos produits s'adressent aux personnes majeures.
Ce récit fait partie de nos histoires érotiques pour adultes, à lire librement. Pour l'autre versant du plaisir oral, lis le dimanche où Rodolphe avait tout son temps.





