Histoires érotiques
Récit de fessée : la règle des dix
Dix-neuf ans de vie commune, et Murielle et Hakim découvrent qu'ils rêvent de la même chose. Une échelle de 1 à 5, un mot d'arrêt ridicule et une règle inventée à la table de la cuisine : leur première fessée.

Elle a quarante-quatre ans, lui quarante-sept, et ils viennent de découvrir qu'ils en rêvaient tous les deux. Ce soir, Murielle et Hakim essaient leur première fessée, avec une échelle de 1 à 5, un mot d'arrêt ridicule et une règle inventée à la table de la cuisine.
Lecture : 7 min · Intensité : ●●○ sensuel · Thèmes : fessée, jeu d'impact, couple installé, première fois · Réservé aux personnes majeures
Avertissement : ce récit met en scène un jeu d'impact et de pouvoir, négocié et consenti entre deux adultes.
Le post-it du placard à épices
C'est moi qui l'ai dit la première, et je l'ai dit mal. Un dimanche soir, en vidant le lave-vaisselle, entre deux assiettes : « Tu m'as déjà donné une fessée, toi ? Je veux dire, une vraie. » Hakim a tenu un verre à contre-jour beaucoup plus longtemps qu'il ne fallait pour vérifier qu'il était propre.
« Non. » Un temps. « Mais j'y ai pensé. »
J'ai quarante-quatre ans, il en a quarante-sept. Dix-neuf ans de vie commune, deux enfants partis faire leurs études à Lyon, un crédit qui se termine en mars, et nous découvrions, au-dessus du panier à couverts, que nous avions le même fantasme rangé au même endroit depuis des années. J'ai ri si fort que j'ai dû m'asseoir.
Nous ne sommes pas des gens qui improvisent. Je suis comptable, il est géomètre : nous mesurons, nous vérifions, nous faisons des listes. Alors le mercredi suivant, à la table de la cuisine, avec une théière et un bloc de papier quadrillé, nous avons écrit les règles.
L'échelle d'abord, de 1 à 5. Un : c'est une caresse, continue. Deux : c'est bon, tu peux monter. Trois : c'est exactement là. Quatre : n'en rajoute pas. Cinq : on arrête cette série, on souffle. Puis le mot d'arrêt, celui qui arrête tout, pour de bon, sans discussion. Hakim a proposé « stop ». J'ai objecté qu'on dit stop en riant, qu'on dit stop pour jouer, qu'il nous fallait un mot qui n'a rien à faire dans une chambre. Nous avons choisi « bigoudi ». Il nous a fallu dix minutes pour arrêter de rire.
Les zones : les fesses, le haut des cuisses, rien d'autre. Ni le bas du dos, ni les reins. Hakim avait lu un guide entier sur le sujet ; il récitait les zones interdites comme un plan cadastral.
Et puis la règle des dix, qui est de lui. « Dix, pas plus. Ensuite je m'arrête et je te demande un chiffre. On ne monte jamais de plus d'un cran entre deux séries. Et c'est la main d'abord. Le reste, on verra. »
J'ai tout recopié au propre sur un post-it, que j'ai collé à l'intérieur de la porte du placard à épices. Personne d'autre que nous n'ouvre ce placard.
Samedi, la main d'abord
Samedi, il a fait doux pour octobre. Nous avons dîné léger, sans vin, parce que nous nous étions promis d'avoir les idées claires. Dans la chambre, il avait tiré les rideaux et allumé seulement la lampe de chevet, celle à l'abat-jour orange qui rend tout le monde plus beau. Sur la commode, posés sur une serviette pliée, il y avait un martinet noir aux lanières fines, une petite pagaie en forme de cœur et un flacon d'huile à la vanille. Je l'ai regardé. Il a haussé les épaules : « Je suis géomètre. Je prépare le chantier. »
Il s'est assis au bord du lit. Je suis restée debout devant lui, en nuisette, le cœur qui cognait comme avant un oral. C'est étrange, à mon âge, de se sentir intimidée par un homme dont on connaît le ronflement par cœur. Il a pris mes mains.
« Tu veux toujours ? »
« Je veux toujours. »
« Le mot ? »
« Bigoudi. » J'ai pouffé. Il a souri aussi, et c'est ce sourire-là qui m'a décidée : on pouvait rire et en avoir envie, les deux à la fois.
Je me suis allongée en travers de ses genoux. On ne dit jamais, dans les livres, combien c'est maladroit au début : où l'on met les bras, comment on respire avec le nez dans la couette. J'ai trouvé ma place. Sa main gauche s'est posée à plat entre mes omoplates, pas pour me tenir, pour me dire où il était. Sa main droite a remonté la nuisette avec une lenteur de cérémonie.
Il ne m'a pas frappée tout de suite. Il a caressé, longtemps. Le plat de la paume, puis le bout des doigts, en cercles, jusqu'à ce que ma peau devienne une chose attentive, aux aguets. Puis la première claque est tombée, si légère que j'ai failli rire de nouveau. La deuxième un peu moins. À la cinquième, je ne riais plus du tout. Il y avait le petit bruit sec, la chaleur qui arrivait une demi-seconde après, et entre les deux un frisson qui me courait jusqu'à la nuque.
Je l'entendais compter tout bas. Huit. Neuf. Dix. Sa main est revenue à plat, immobile, chaude contre ma peau chaude.
« Un chiffre. »
« Deux. » Ma voix m'a surprise, plus grave que d'habitude.
Le compte et les chiffres
La deuxième série a été plus franche. Il alternait : une claque à gauche, une à droite, un silence, une caresse qui effaçait la piqûre et en préparait une autre. J'avais l'impression que tout mon corps s'était rassemblé là, sous sa main, et que le reste, les tableurs, le crédit, la réunion de lundi, avait été rangé dans un tiroir fermé à clé.
« Un chiffre. »
« Trois. »
Il a marqué une pause, s'est penché et a embrassé la peau qu'il venait de chauffer. Ce baiser-là n'était pas sur la liste. Il m'a traversée de part en part.
Il a pris la pagaie en cœur, mais par la face en velours, et il m'a seulement caressée avec : de longs passages lents sur la peau rougie, une douceur presque insupportable après la main. Puis il l'a reposée. « Celle-là, ce sera pour une autre fois. Je veux que tu saches d'abord ce que fait ma main. » J'ai aimé qu'il décide ça pour nous deux, qu'il me protège un peu de ma propre gourmandise.
Le martinet est venu ensuite. Je l'ai entendu avant de le sentir : un souffle, pas un claquement. Les lanières sont d'abord passées sur moi comme une averse, il les laissait traîner, il balayait. Puis il a frappé, à plat, et la sensation s'est étalée, sourde, profonde, une chaleur qui montait au lieu de mordre. Je me suis entendue soupirer d'une façon qui n'avait plus rien à voir avec la douleur.
Six. Sept. À la huitième, une lanière a touché trop haut, au bord de la hanche, et ça a piqué net, une étincelle vive.
« Quatre », ai-je dit sans attendre la fin du compte.
Il s'est arrêté à la seconde. Il n'a pas fini sa série, il n'a pas discuté. Il a posé le martinet, a mis ses deux mains à plat sur moi et a attendu que ma respiration redescende.
« Là ? » a-t-il demandé en effleurant l'endroit.
« Là. »
« Pardon. Je vise mieux. »
Et j'ai compris que ce moment, ce « quatre » entendu et respecté, m'avait plus troublée que toutes les claques réunies. Je pouvais tout lui confier, parce qu'il pouvait tout arrêter.
La dernière série, il l'a donnée plus lentement, avec plus de soin, chaque coup au centre exact. À la fin, j'ai dit « trois », et c'était vrai, et je n'en voulais pas d'autre.
Sous la couette
Je ne sais plus très bien comment je me suis retrouvée sur le dos, ni lequel de nous deux a éteint la lampe. Je sais qu'il y avait une urgence nouvelle dans ses baisers, que la chaleur de ma peau contre ses hanches me rappelait à chaque mouvement ce qui venait de se passer, et que nous avons fait l'amour comme nous ne l'avions pas fait depuis longtemps : sans un mot, les yeux ouverts, à chercher sur le visage de l'autre ce que la soirée y avait changé.
Après, il est allé chercher un grand verre d'eau et le flacon d'huile. Il m'a fait rouler sur le ventre sous la couette et il a massé, sans appuyer, juste de quoi faire glisser ses paumes sur la peau qui cuisait encore doucement. L'odeur de vanille a envahi la chambre. Il m'a demandé si j'avais froid, si j'avais soif, si quelque chose m'avait déplu. J'ai répondu non, non, et la hanche, mais tu l'as entendu.
« Et moi, tu me donnes combien ? » a-t-il fini par demander, le nez dans mes cheveux. « Comme partenaire, je veux dire. »
J'ai fait semblant de réfléchir.
« Sur cinq ? »
« Sur cinq. »
« Cinq. Tu ne m'as pas eue à l'usure. Tu m'as eue au compte. »
Il a ri contre ma nuque. Nous nous sommes endormis tard, emmêlés, ma joue sur son bras qui avait fini par s'engourdir et qu'il n'a pas osé retirer.
Le lendemain matin, en ouvrant le placard à épices pour prendre le cumin, j'ai trouvé un deuxième post-it collé sous le premier, de son écriture de géomètre, toute droite : « Samedi prochain ? Même règle. »
J'ai pris le stylo et j'ai écrit en dessous un seul chiffre. Trois. Exactement là.
Pour prolonger l'histoire
Murielle et Hakim avaient surtout une règle et un mot d'arrêt. Sur la serviette pliée de la commode, il y avait aussi ceci.
- Black Edition Flogger de Begme : une pleine poignée de lanières fines et souples sur un manche matelassé avec dragonne, pour un impact sourd qui fait monter la chaleur peu à peu.
- Pagaie Velours Fetish Love : un cœur de 19 cm sur 15 cm, une face lisse pour frapper à plat, une face en velours ras pour effleurer la peau avant.
- Huile de massage à la vanille Eros Art : un mélange d'huiles de soja, d'amande douce et de noyau de pêche parfumé à la vanille, pour le soin d'après.
Tout le rayon fouets et martinets est classé par type d'impact, du plus diffus au plus piquant. Avant de passer de la main au martinet, lis notre guide fouet BDSM : bien choisir et débuter sans stress, et pour poser le cadre, le guide pour débuter le BDSM en douceur.

Consentement et sécurité
- Une échelle et un mot d'arrêt : comme Murielle et Hakim, convenez avant, à jeun, d'une échelle d'intensité et d'un mot qui arrête tout. Un « quatre » ou un mot d'arrêt se respecte à la seconde, sans finir la série.
- Le charnu, rien d'autre : les fesses et le haut des cuisses. Jamais les reins, le bas du dos, la colonne, la nuque ni les articulations. Si un coup dérape, comme la lanière sur la hanche de Murielle, on s'arrête et on vérifie.
- La main d'abord : elle donne un retour immédiat sur la force employée. On échauffe longtemps, on monte d'un cran à la fois, et l'on garde le martinet pour quand la main est maîtrisée.
- Le soin d'après : de l'eau, de la chaleur, une huile neutre sans effet chauffant sur la peau rougie, et une vraie conversation sur ce qui a plu ou non. Ce récit met en scène des adultes, et nos produits s'adressent aux personnes majeures.
Ce récit fait partie de nos histoires érotiques pour adultes, à lire librement. Tous nos jeux de pouvoir sont réunis dans les histoires BDSM ; pour l'inverse de Murielle et Hakim, lis l'histoire femdom de Nadège et Olivier.





