Histoires érotiques
Histoire érotique au bureau : le séminaire d'Annecy
Six ans qu'ils se croisent aux séminaires et s'appellent pour des transferts de stock. Ce soir, au bord du lac, Delphine et Ismaël ont une présentation à préparer, et une question à se poser dans l'ascenseur.

Six ans de séminaires, de cafés tièdes et de coups de fil pour des transferts de stock. Ce soir, à Annecy, Delphine et Ismaël doivent répéter leur présentation du lendemain. Ils vont surtout se poser une question qu'ils repoussent depuis longtemps.
Lecture : 6 min · Intensité : ●●○ sensuel · Thèmes : collègues, hôtel, télécommande · Réservé aux personnes majeures
Le tableau des transferts
Le séminaire annuel des responsables de magasin avait toujours lieu dans un hôtel au bord d'un lac, comme si la direction pensait que l'eau calme rendait les gens plus raisonnables sur les objectifs. Cette année, c'était Annecy. Quarante-deux responsables, deux jours d'ateliers, un buffet de crudités et des badges plastifiés.
Delphine tenait le magasin de Grenoble, Ismaël celui de Lyon. Même enseigne de matériel de montagne, même poste, même directrice régionale au-dessus d'eux, qui n'était pas là ce soir. Depuis six ans, ils s'appelaient trois fois par semaine pour s'échanger des chaussures de trail en 42 ou des doudounes en rupture, et à chaque séminaire ils finissaient à la même table, à se moquer gentiment des tableaux croisés dynamiques.
Cette fois, on leur avait confié une présentation commune pour le lendemain matin : « Ce que nos clients attendent vraiment ». Ils avaient travaillé dessus à distance pendant trois semaines, à coups de messages de plus en plus longs et de moins en moins professionnels.
« Il nous manque une conclusion », dit Ismaël en refermant son ordinateur dans le hall. « J'ai tout essayé. »
« Il nous manque surtout un dîner. Le buffet, c'était une provocation. »
Il rit. Il avait quarante-six ans, des tempes grises qu'il ne cachait pas, une manière d'écouter en penchant la tête qui donnait toujours à Delphine l'impression d'être la seule personne de la pièce. Elle en avait quarante-quatre, un divorce bien digéré, deux enfants chez leur père pour la semaine, et une envie de lui qu'elle avait rangée dans un tiroir à force de la trouver mal placée.
Le bar de l'hôtel
Ils commandèrent une assiette de charcuterie et un verre de chasselas chacun, pas plus. Ils présentaient à neuf heures, et Delphine n'avait jamais aimé les décisions qu'on prend avec la tête qui tourne.
Le bar se vida peu à peu. On parla du lac, des clients qui achètent des crampons pour aller au marché, du fils aîné d'Ismaël, qui venait d'ouvrir un atelier de vélos à Montpellier. Puis il y eut un silence, de ceux qui ne sont plus vides.
« Je vais dire un truc », fit Delphine en tournant son verre. « Et si c'est déplacé, tu me le dis, on rit, et demain on présente comme si de rien n'était. »
« D'accord. »
« J'ai envie de toi depuis le séminaire de Chamonix. Il y a trois ans. »
Ismaël ne rit pas. Il posa son verre, très lentement, comme on pose un objet fragile.
« Moi, c'est depuis Évian. Il y a quatre ans. Tu avais engueulé le traiteur pour les végétariens. »
Ils se regardèrent, sidérés, puis éclatèrent de rire en même temps. Quatre ans. Ils se sentirent ridicules et soulagés, et Delphine sentit une chaleur lui monter du ventre jusqu'aux joues.
« Il faut qu'on parle du reste », dit-elle. « Le travail. Je ne veux pas que ça change nos coups de fil. Personne n'en sait rien. Et si l'un de nous regrette, il le dit, et on reste ce qu'on est. »
« On est deux responsables de magasin qui s'échangent des doudounes », dit-il. « Ça, personne ne pourra nous l'enlever. »
L'ascenseur
Les portes se refermèrent sur eux et sur le miroir qui les renvoyait, un peu trop proches. Ismaël avait la chambre 418. Delphine, la 212.
Il leva la main vers le panneau et s'arrêta à un centimètre des boutons.
« Je peux appuyer sur le deux et sur le quatre, et on se dit bonne nuit au deuxième. Ou je n'appuie que sur le deux. Choisis. Vraiment. »
Elle appuya elle-même sur le deux, et seulement sur le deux. Puis elle ajouta, parce que c'était important :
« Tu peux encore remonter tout seul. Je ne t'en voudrai pas. »
« Je n'ai aucune envie de remonter tout seul. »
Il l'embrassa entre le premier et le deuxième étage. Un baiser qu'ils attendaient depuis quatre ans et qui avait le goût du chasselas, du sel de la charcuterie et de l'impatience. La porte s'ouvrit sur un couloir vide. Ils le traversèrent en riant, et elle rata deux fois la fente de la carte magnétique.
Chambre 212
Elle le fit asseoir au bord du lit et lui demanda cinq minutes. Dans la salle de bains, elle enfila l'ensemble qu'elle avait glissé dans sa valise pour elle seule, comme à chaque déplacement : une maille bleu ciel presque transparente, des fleurs brodées en relief. Elle aimait passer une journée de réunions en sachant qu'elle portait un secret sous son chemisier.
Quand elle revint, Ismaël se leva sans un mot. Il fit le tour d'elle lentement, du bout des doigts sur les broderies, comme on lit du braille.
« Tu portais ça pendant l'atelier marge brute ? »
« Toute la journée. »
« Je n'ai rien compris à l'atelier marge brute. »
Elle ouvrit sa trousse de toilette et en sortit un petit œuf lilas et sa télécommande à anneau doré. Elle le lui montra dans le creux de sa paume, sans gêne.
« Je l'emporte souvent. D'habitude, c'est moi qui tiens la télécommande. » Elle la lui tendit. « Ce soir, si tu veux bien, c'est toi. Mais la règle est simple : si je dis stop, ou si je te la reprends, tu arrêtes. Tout de suite. »
« Tout de suite », répéta-t-il.
Il fut d'une patience qui la rendit folle. Il cherchait les douze modes un par un, la regardait pour savoir lequel lui plaisait, revenait au plus lent quand elle se cambrait trop vite. Le moteur ne faisait presque aucun bruit. Il n'y avait que son souffle à elle dans la chambre, et le lac noir derrière la vitre. Il l'embrassait sur la bouche, dans le cou, sur les fleurs brodées, puis là où la maille s'arrêtait. Il lui demandait « Encore ? » et elle répondait « Encore » d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas.
Quand elle n'en put plus d'attendre, elle reprit elle-même la télécommande, l'éteignit et la posa sur la table de nuit. Il comprit et leva les mains en souriant, comme pris en faute. Elle l'attira contre elle et tendit la main vers la trousse, où une boîte de préservatifs attendait depuis Chamonix, à peu près.
Ils firent l'amour sans hâte, puis avec beaucoup moins de retenue. Ismaël avait des gestes d'une précision tendre et un rire contre son épaule chaque fois que le lit grinçait. Elle aima son poids, ses mains larges sur ses hanches, la manière dont il lui demandait si elle voulait plus lentement ou plus fort, et dont il la croyait quand elle disait plus fort. Elle bascula la première, la main crispée sur le drap. Il la rejoignit peu après, le front contre le sien, en murmurant son prénom comme s'il l'avait gardé pour cette nuit-là.
Ensuite, ils restèrent longtemps à parler, enroulés dans la couette. Rien de grave : ils se racontèrent ce qu'ils avaient pensé l'un de l'autre à Évian, à Chamonix, à Aix-les-Bains. Vers une heure, Ismaël se redressa d'un coup.
« La conclusion. On n'a toujours pas de conclusion. »
Neuf heures, salle Mont-Blanc
Le lendemain, quarante-deux badges plastifiés les regardaient. Delphine tenait le boîtier pour faire défiler les diapositives. Ismaël se pencha vers elle pendant que le projecteur chauffait.
« Tu as la télécommande, cette fois. »
« J'ai toujours eu la télécommande », souffla-t-elle sans le regarder.
Elle cliqua. La dernière diapositive, écrite à deux heures du matin sur l'ordinateur d'Ismaël, s'afficha en grand : Ce que nos clients attendent vraiment : qu'on leur pose la question, et qu'on écoute la réponse.
La salle applaudit poliment. Au déjeuner, à la même table que d'habitude, Ismaël lui demanda simplement : « On en reparle à Grenoble ? »
« À Lyon », dit Delphine. « Tu me dois des doudounes en 38. »
Pour prolonger l'histoire
Dans la trousse de Delphine, il n'y avait que trois choses, et chacune avait sa raison d'être là.
- Coverme Lapi : un œuf vibrant de 7 cm en silicone lilas, piloté par une télécommande sans fil à anneau doré, avec 12 modes et un moteur sous les 50 dB.
- Ensemble brodé de fleurs Subblime : un soutien-gorge et une culotte en maille translucide bleu ciel, aux fleurs brodées en relief, en S/M et L/XL.
- SKYN Elite : des préservatifs ultra-fins sans latex, en polyisoprène, de 53 mm de large.
Pour jouer à la télécommande à deux, notre guide de l'œuf vibrant commandable à distance explique comment choisir et poser les règles du jeu. Tous les modèles sont dans notre rayon œufs vibrants, et la lingerie qui se porte en secret sous un chemisier est dans le rayon lingerie.

Consentement et sécurité
- Entre collègues, pas de hiérarchie : Delphine et Ismaël occupent le même poste. Quand l'un dépend de l'autre pour sa carrière, un « oui » n'est jamais tout à fait libre. C'est pour ça que ce récit l'évite.
- La question, puis le choix : dans l'ascenseur, c'est elle qui appuie sur le bouton, et elle laisse encore une porte de sortie. On peut changer d'avis à chaque étage, et après.
- La télécommande se rend : celui ou celle qui la tient la lâche dès qu'on la lui reprend ou qu'on dit stop. Un œuf vibrant se nettoie avant et après usage, à l'eau tiède et au savon doux.
- Lucidité et protection : un verre chacun, pas plus, et un préservatif à chaque rapport. Ce récit met en scène des adultes, et nos produits s'adressent aux personnes majeures.
Ce récit fait partie de nos histoires érotiques pour adultes, à lire librement. Pour une autre rencontre loin de chez soi, lis le train de nuit de Sofia.





