Histoires érotiques
Histoire érotique en sextos : dis-moi la suite
Salomé part à Lyon pour la journée, Margaux reste à Paris. Entre deux réunions, les messages commencent sages, puis le jeu s'installe, avec ses règles, jusqu'au train du soir.

Une journée de travail, deux villes, un fil de messages. Margaux et Salomé ne se voient pas avant le train de 20 h 04, et tout ce qui se passe d'ici là tient dans leurs téléphones.
Lecture : 5 min · Intensité : ●●○ sensuel · Thèmes : sextos, désir à distance, sextoy connecté, couple de femmes · Réservé aux personnes majeures
6 h 52, gare de Lyon
Salomé — Je suis dans le train. Tu dormais tellement bien que je n'ai pas osé t'embrasser. J'ai juste volé ton écharpe.
Margaux — Je vois ça. Il me reste ton côté du lit, encore tiède, et ton oreiller qui sent ton shampoing. Échange équitable.
Salomé — Trois réunions, un chantier à visiter, une acoustique de salle des fêtes à sauver. Je rentre par le 20 h 04. Dis-moi un truc pour tenir.
Margaux — Un truc ? Ce soir, je te déshabille avant que tu aies posé ton sac.
Salomé — Ah. Ça, ça tient jusqu'à midi.
10 h 37, entre deux plans
Margaux — Mon client veut une baie vitrée « mais sans qu'on voie dedans ». Je pense à toi au lieu de lui répondre.
Salomé — À quoi exactement ?
Margaux — À ta nuque. Au petit endroit sous l'oreille où tu frissonnes quand je souffle. À ta façon de dire mon prénom quand tu oublies de faire attention.
Salomé — Je suis en réunion avec six hommes en gilet orange, Margaux.
Margaux — Je m'arrête ?
Salomé — Non. Continue. Mais à petites doses : je dois garder une voix normale.
Margaux — Alors une seule phrase, et je retourne à ma baie vitrée. Ce soir, je veux prendre mon temps. Commencer par tes mains, tes poignets, l'intérieur de tes coudes. Remonter. Ne rien presser.
Salomé — Tu sais que tu viens de me faire rougir devant un plan de coupe ?
12 h 48, la pause
Salomé — Je mange un sandwich triste sur un banc et je n'arrête pas de relire tes messages. Je peux te poser une question sérieuse ?
Margaux — Toujours.
Salomé — Est-ce que tu voudrais qu'on joue un peu, ce soir, avant que j'arrive ? L'œuf que tu as acheté le mois dernier, celui qui se pilote par l'application. On ne l'a jamais essayé de loin.
Margaux — J'y ai pensé ce matin en voyant ta place vide. Oui, j'en ai envie. Mais on pose les règles maintenant, à tête froide, pas dans le train.
Salomé — D'accord. Tes règles d'abord.
Margaux — Un : c'est moi qui ouvre le salon dans l'application et qui t'envoie le code. Je peux le fermer quand je veux. Deux : si j'écris « orange », tu baisses. Si j'écris « stop », tu coupes tout, et tu m'appelles, juste pour entendre ma voix. Trois : je suis chez nous, seule, porte fermée. Toi, tu es dans ton train, et personne ne doit rien deviner.
Salomé — Quatre, de mon côté : aucune photo de toi sans que je te la demande, et aucune photo tout court si tu n'en as pas envie. Et rien de ce qu'on s'écrit ne sort de ce téléphone.
Margaux — Signé. Et cinq : tu me dis ce que tu ressens, toi aussi. Je ne veux pas jouer toute seule.
Salomé — Promis. Et si à un moment tu n'as plus envie, même sans raison, même à la dernière seconde, tu n'as rien à justifier. On range l'œuf et je te raconte ma journée de gilets orange à la place.
Margaux — C'est pour ça que j'ai envie de jouer avec toi. Parce que je sais que je peux m'arrêter.
Salomé — Je n'ai jamais eu aussi hâte d'une fin de réunion.
17 h 15, le retour
Margaux — Je suis rentrée plus tôt. J'ai pris une douche, j'ai mis ta chemise en lin, celle qui est trop grande pour moi. Rien d'autre.
Salomé — Je viens de relire ça trois fois dans un ascenseur de chantier.
Margaux — J'ai rechargé l'œuf. Il est posé sur l'oreiller, à côté du flacon de lubrifiant. Je les regarde comme on regarde un cadeau qu'on n'a pas encore le droit d'ouvrir.
Salomé — Tu peux m'envoyer une photo ? Pas de toi. Juste l'oreiller.
Margaux — Envoyée.
Salomé — Merci. C'est absurde à quel point un oreiller peut être troublant.
20 h 11, voiture 14
Salomé — Assise côté fenêtre. Personne à côté de moi. Écouteurs dans les oreilles, téléphone contre la poitrine. Tu es prête ?
Margaux — Salon ouvert. Je t'envoie le code. Je suis allongée, la lampe de chevet allumée, la fenêtre entrouverte. Je l'ai mis en place doucement, en pensant à tes doigts.
Salomé — Je suis dans le salon. Je vois ton prénom en haut de l'écran. Je commence tout bas.
Margaux — Je le sens. C'est presque rien, un frémissement. Comme ta voix quand tu parles contre mon ventre.
Salomé — Je trace un cercle avec le doigt sur l'écran. Lentement. Dis-moi.
Margaux — Ça monte avec ton doigt. J'ai fermé les yeux. Je sens la chemise glisser sur mes épaules, et c'est toi que j'imagine, assise au bord du lit, en train de me regarder sans me toucher.
Salomé — Je passe le tunnel. Si je disparais, ne m'en veux pas.
Margaux — Tu as disparu quatre minutes. Quatre minutes à t'attendre. Tu sais faire durer même par accident.
Salomé — Je reprends. Un peu plus fort. Un peu plus long. Puis plus rien. Puis encore.
Margaux — Tu es cruelle et je t'adore. Je respire de travers. Je serre ton oreiller.
Salomé — Ça va ?
Margaux — Très bien. Orange, quand même. Juste un peu moins. Je veux que ça dure jusqu'à toi.
Salomé — J'ai baissé. Merci de me le dire. Tu es magnifique, même en messages.
Margaux — Écris-moi ce que tu me ferais si tu étais là.
Salomé — Je poserais ma bouche sur ton épaule, là où la chemise a glissé. Je descendrais en suivant les boutons, un par un. Je ne me presserais pas. Je te laisserais attendre jusqu'à ce que tu me demandes, avec des mots, ce que tu veux.
Margaux — Je te le demande.
Salomé — Je sais. Tes messages raccourcissent, tes fautes de frappe se multiplient : c'est toi qui mènes, maintenant. Je garde ton rythme.
Margaux — Salomé.
Salomé — Je suis là.
Margaux — Je n'arrive plus à écrire. Une vague, puis une autre, plus longue, qui me laisse les jambes en coton et le rire au bord des lèvres. Le train peut bien prendre tout son temps : je suis exactement là où je voulais être.
Salomé — Je coupe tout. Respire. Bois un verre d'eau. Je ne bouge pas de ce fil.
21 h 02, le palier
Margaux — Tu as fermé le salon, merci. Je suis toute molle, je souris au plafond, et j'ai froid aux pieds.
Salomé — Mets des chaussettes. Ce n'est pas érotique, mais c'est nécessaire.
Margaux — Je suis en chemise et en chaussettes de ski. Tu ne sais pas ce que tu rates.
Salomé — Je l'imagine très bien. Le train est arrivé, j'ai couru dans le métro. Ton écharpe sent encore toi.
Margaux — Tu es où ?
Salomé — Dans l'escalier. Troisième étage.
Margaux — Et après ? Dis-moi la suite.
Salomé — Non. Je suis devant la porte. Ouvre, et viens la lire.
Pour prolonger l'histoire
Le jeu de Margaux et Salomé tient à un code de salon, deux mots d'arrêt et un flacon posé sur l'oreiller.
- Pretty Love Abner : un œuf vibrant en silicone qui se pilote depuis l'application gratuite Pretty Love, en Bluetooth dans la même pièce ou à distance par Internet grâce aux salons.
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Consentement et sécurité
- Les règles avant le jeu : Margaux et Salomé fixent tout à midi, à tête froide. Un jeu à distance se négocie avant, pas au moment où l'on a déjà le souffle court.
- Des mots d'arrêt écrits : « orange » pour ralentir, « stop » pour tout couper. Celle qui porte le jouet garde la main, et le salon se ferme d'un geste.
- Les photos : on n'en envoie ni n'en réclame sans accord explicite, et on n'en partage aucune. Une photo intime diffusée sans consentement est un délit.
- La discrétion : on joue seul ou entre adultes consentants, jamais en imposant la scène à des inconnus. Ici, Margaux est seule chez elle et personne dans le train ne devine rien.
Ce récit fait partie de nos histoires érotiques pour adultes, à lire librement. Pour d'autres formats courts et une voix qui chuchote, lis nos histoires érotiques courtes.





